Le jour de l’épreuve pratique, l’inspecteur pose devant lui une feuille unique : la grille d’évaluation du permis. Ce document de 31 points structure tout ce qui se joue pendant une trentaine de minutes de conduite. Comprendre cette grille, c’est savoir exactement où placer son attention avant et pendant l’examen.
Comment l’inspecteur choisit les questions le jour de l’examen
Avant même de démarrer, l’examinateur détermine la série de questions qu’il va poser. La méthode est simple et vérifiable : il regarde les deux derniers chiffres du compteur kilométrique du véhicule d’examen. Ce nombre désigne la série utilisée.
Chaque série comprend exactement trois questions, toujours dans le même ordre : une vérification technique sur le véhicule, une question de sécurité liée à cette vérification, puis une question de premiers secours. Ces trois questions valent au total 3 points sur la grille.
Vous craignez de perdre des points sur cette partie orale ? Le tirage par le compteur kilométrique rend la chose transparente, pas aléatoire au sens « loterie ». Toutes les séries couvrent les mêmes thématiques de base. Un candidat qui connaît le fonctionnement de son véhicule et les gestes de premiers secours ne sera pas piégé, quelle que soit la série tirée.

Grille d’évaluation permis B : la répartition des 31 points
La grille ne note pas « la conduite » de façon globale. Elle découpe l’épreuve en compétences distinctes, chacune notée de 0 à 3 points. Quatre grands blocs structurent l’ensemble.
Connaître et maîtriser son véhicule (8 points)
Ce bloc regroupe l’installation au poste de conduite, les vérifications intérieures et extérieures, et la manipulation des commandes. L’inspecteur observe par exemple si le candidat règle ses rétroviseurs, boucle sa ceinture sans qu’on le lui demande, et utilise correctement les commodos.
Appréhender la route (9 points)
Ici, l’examinateur évalue la prise d’information visuelle, la maîtrise de l’allure et le respect de la réglementation. Concrètement : regardez-vous vos rétroviseurs avant de freiner ? Adaptez-vous votre vitesse à l’approche d’une intersection masquée ? La prise d’information représente le point où la majorité des candidats perdent des points sans s’en rendre compte.
Partager la route avec les autres usagers (9 points)
Ce bloc porte sur la communication avec les autres (clignotants, placement, regard), le partage de la chaussée et le respect des priorités. Un candidat qui ne contrôle pas son angle mort avant de changer de voie perd des points ici, même si le changement de voie se passe « bien ».
Autonomie et conscience du risque (2 points + 3 points oraux)
L’inspecteur note si le candidat conduit de façon autonome, sans guidance permanente. Les 3 points de questions orales complètent ce bloc. Un candidat peut obtenir le permis avec 0 sur 3 aux questions orales, à condition que sa conduite atteigne le seuil requis et qu’aucune faute éliminatoire ne soit commise.
Seuil de réussite et faute éliminatoire au permis
Deux conditions doivent être remplies en même temps pour décrocher le permis :
- Obtenir au minimum 20 points sur 31, ce qui laisse une marge de 11 points perdus sur l’ensemble de la grille.
- Ne commettre aucune faute éliminatoire. Une seule suffit à invalider l’examen, quel que soit le total de points.
Les fautes éliminatoires ne sont pas des « grosses erreurs » au sens vague. Elles correspondent à des situations précises :
- Franchissement d’une ligne continue avec mise en danger.
- Non-respect d’un feu rouge ou d’un stop.
- Excès de vitesse manifeste.
- Mise en danger d’un autre usager (piéton, cycliste, véhicule).
- Intervention physique de l’inspecteur sur les commandes (volant, frein).
L’inspecteur ne cherche pas à piéger. La faute éliminatoire sanctionne un danger réel, pas une maladresse technique. Un calage au démarrage ou un créneau approximatif ne sont pas éliminatoires en soi.

Ce que l’inspecteur regarde vraiment pendant les 32 minutes
La grille d’évaluation structure l’observation, mais elle ne dit pas tout sur la façon dont l’examinateur travaille. Chaque compétence est notée de 0 à 3 : 0 signifie que la compétence n’est pas acquise, 1 qu’elle est en cours d’acquisition, 2 qu’elle est acquise, 3 qu’elle est bien maîtrisée.
L’inspecteur ne coche pas une case à chaque virage. Il construit une évaluation globale de chaque compétence sur l’ensemble du parcours. Un oubli de clignotant isolé ne donne pas automatiquement 0 en communication. Trois oublis successifs, en revanche, indiquent un défaut d’acquisition.
L’autonomie pèse peu en points (2 sur 31), mais elle influence la perception générale. Un candidat qui attend systématiquement une instruction avant de tourner, de s’arrêter ou de doubler donne l’impression de ne pas savoir conduire seul. L’examinateur évalue votre capacité à prendre des décisions sans aide, pas votre obéissance à ses consignes.
Taux de réussite au permis en 2025 : ce que la grille produit concrètement
Le taux de réussite à l’épreuve pratique du permis B en première présentation a atteint 59,9 % en 2025, selon les chiffres du Ministère de l’Intérieur relayés par centrestagepermis.fr. C’est une légère hausse par rapport à l’année précédente.
Ce chiffre montre que la grille d’évaluation n’est pas conçue pour éliminer : près de six candidats sur dix réussissent dès la première tentative. La grille reste identique depuis plusieurs années dans sa structure. Elle n’a pas été durcie.
Les candidats qui échouent reçoivent après l’examen une fiche détaillée avec leurs scores par compétence. Cette fiche permet d’identifier précisément les blocs à retravailler avec un moniteur avant une nouvelle présentation, plutôt que de reprendre l’ensemble de la formation.

